SUIS JE (3)

15 avril 2009

Moi, je ne suis pas certain,

Que ce squelette soit mien,

J’étais je crois plus charnu,

Plus enveloppé et moins nu.

 

J’ en suis horriblement gêné,

C’ est vrai presqu’ aliéné,

Cet ensemble d’ os inertes,

Serait tout ce qui me reste.

 

Et puis tous ces regards,

Ne sont pas dûs au hasard,

Ils semblent intéressés,

Mais comment les remercier.

 

Je manque trop d’ épaisseur,

Pour ne pas leur faire peur,

Approchez voyez mes côtes,

Dont mon coeur fût l’ hôte.

 

Je sais il ne palpite plus,

Et on ne le voit pas non plus,

Entre mes os, le vide le néant,

Je suis plus impressionnant,

Que je n’ l’ étais de mon vivant.

SUIS JE (2)

12 avril 2009

Faudrait quand même pas,

Sous la douce caresse,

Que mon squelette montra,

Une obscure faiblesse.

 

Mais que je suis bête,

Au delà de mon trépas,

Même si elle m’embête,

Je ne me redresserai pas.

 

Quoiqu’ elle m’ inspire,

Dans sa blanche blouse,

De sous elle, soupire,

Un corps d’ Andalouse.

 

De tous mes os embrasés,

Je dresse mon squelette,

En une charpente osée,

Et pour ainsi dire prête.

 

Mais il manque toujours,

Le seul, l’ os miraculeux,

Qui donnerait à l’amour,

Le sens du merveilleux.

 

 

SUIS JE (1)

12 avril 2009

Peut t’ être suis je mort,

Ou peut t’ être pas,

Qu’ en dis tu mon corps,

Tu ne me réponds pas.

 

Ma tête elle est vide,

Mais ça ne change pas,

Toujours impavide,

Même dans mon trépas.

 

Tous mes os sont là,

Depuis tout ce temps,

Même dans l’ au-delà,

Ça c’est épatant.

 

J’ espère que c’ est moi,

Sur l’ estrade de la classe,

Ils sont tous en émoi,

C’est un peu dégueulasse.

 

Mon squelette est debout,

Et je sens leurs regards,

Ils se foutent de tout,

Ces morveux sans égard.

 

Mais c’ est qu’elle me touche,

Celle en blouse blanche,

Je n’étais peut être pas farouche,

Mais ma mémoire flanche.

TRISTESSE

12 avril 2009

Entrez les enfants,

Venez voir voir mère,

Elle a quitté la terre,

Elle qui vous aimait tant.

 

Vous pouvez pleurer,

Mais dans votre coeur,

Gardez tout le bonheur,

Qu’ elle vous a donné.

 

Tout au long de votre vie,

Conservez le mystère,

Si précieux de votre mère,

Elle le voudrait ainsi.

 

Quand vous serez triste,

Viendront les souvenirs,

Laissez les vous envahir,

Ils sont à vous mes fils,

 

Serrez vous contre moi,

Que nos larmes se fondent,

Cette peine si profonde,

Jamais ne s’ oubliera.

A LA COUR DU ROI NICOLAS (4)

10 avril 2009

_Prince FELON

Votre magnificence, Mme Haute Couture vous mande,

Elle insiste pour vous présenter sa dernière commande,

Pour plus de commodités, elle et sa robe vous attendent,

Heu, dans votre chambre pour ne pas froisser l’offrande.

 

_NIKOS

Rappelez moi ce Mr Baisson, toute sa liste est à refaire,

J’ y ai lu le nom de la Reine, serait t’ elle une étrangère,

Veut t’ il chasser ma bien aimée, de ma couche princière,

Ah le gueux, ah le traître, cette engeance mérite l’enfer.

 

_Prince FELON

Mais mon roi, la Reine est Française de par votre union,

Il ne s’ agit sans doute que d’ un excès de zèle de Baisson,

Assez courant semble t’ il pour les zélateurs en trahisons,

Pardonnez lui, oh grand roi, car il n’a pas toute sa raison.

 

_Messire BOUTEFEUX

Votre seigneurie, je me prosterne à vos chaussures,

Très belles chaussures, d’ailleurs, faites sur mesures,

Coupe Derby, cuir pleine fleur, surpiqué en doublure,

Talons compensés avec empeignes surélevées dures.

 

_NIKOS

Quand vous aurez fini Boutefeux de cirer mes pompes,

Vous pourrez renoncer à vos oeuvres et à ses pompes,

L’enfer est pavé de bons sentiments qui s’ estompent,

Ainsi que vos cheveux que vous perdez si je ne me trompe.

 

_Prince FELON

Hum, hum, je vous rappelle sire,  Mme Haute Couture,

Vous la connaissez, si vous tardez, impatiente de nature,

Les cris, les larmes, et les menaces de lettres de rupture,

Nous avons je crois,vous et moi assez donné, et ce fût dur.

 

 

 

 

 

 

 

A LA COUR DU ROI NICOLAS (3)

10 avril 2009

_Prince FELON

Oh glorieuse majesté, je pense m’ être mal exprimé,

Si le peuple jeûne c’est qu’il n’a plus de quoi manger,

Ces dernières années nous l’avons si bien pressuré,

Qu’ils sont agacés, mais notre noblesse, est rassurée.

 

_NIKOS

Vous ne pouvez pas m’aussi mal juger Prince Félon,

J’ ai fais don de ma personne, en me battant tel un lion,

Pour le bien de ce peuple, je dois vaincre la rébellion,

Et le monde bruissera de l’ampleur de mes actions.

 

_Mme MURENE

Cessez, prince Félon de critiquer notre grand roi,

Nul autre que lui ne voit mieux l’intérêt de ses lois,

Si nos amis cessaient, de s’enrichir comme il se doit,

Le manant pourrait  lever la tête, exiger des droits.

 

_NIKOS

Ah la gentille, ah la bonne Mme Murene toujours vive,

Seule son adoration brûlante à mon égard la motive,

Osez donc une remarque au monarque et c’est l’invective,

Sans doute irréfléchie, mais ne suis je pas son Khédive.

 

_Mr BAISSON

Bonjour lumière du ciel, je viens vous rendre compte,

Du mandat que vous avez voulu accorder à ma honte,

J’ ai là une liste d’ennemis voués à une justice prompte,

J’ ai su les duper et c’ est votre grâce qu’ ils escomptent.

 

_NIKOS

Ah je vous aime Mr Baisson, votre fourberie me plaît,

Cet art de la félonie, venant de vous, je me reconnais,

J’aime à m’ entourer de gens de valeur comme il sied,

L’honneur peut et doit aussi se conjuguer à l’imparfait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A LA COUR DU ROI NICOLAS (2)

9 avril 2009

 

_Mme ALMA

Ah sire, oh astre lumineux du ciel et de la terre,

Splendeur inégalée, génie de tous ministères,

Supérieur à Dieu, à ses pompes, à ses mystères,

Parlez oh mon grand roi, que vos lèvres m’éclairent.

 

_NIKOS

Alma, vos petits compliments deviennent très courts

Et je vous ai déjà demandé car je ne suis pas sourd,

Un ton un peu plus mielleux et moins haut perché,

Mais ma majesté vous pardonne, donnez moi du papier,

Avec ce don de moi, je suis encore sur ma chaise percée.

 

_Madame ALMA

Ah sire, même vos intestins exhalent votre grandeur,

Promettez moi, de m’imprégner encore de votre odeur,

Je sais Mme Murene disposer de nombreux pots,

Elle s’en recouvre tous le corps selon mes échos.

 

_Prince FELON

Ceci explique son vif amour pour les mouches,

Mme Murene n’est ni très fine ni très farouche,

Mais j’aurai peur en partageant sa couche,

D’ y retrouver le roi, et sous le lit ses babouches.

 

_NIKOS

Prince Félon peu me chaud de vos considérations,

Narrez donc plutôt les rumeurs de votre expédition,

Les affreux propos à mon égard proches de la sédition

Le peuple ne m’ adore pas Alma, quelle déception.

 

_Mme ALMA

Mais qu’entends je, qu’ ouï je, qu’ ai je, suis je, sais je,

Je vais oh mon roi, convoquer l’ost, établir le siège,

Faire sauter les têtes comme des bouchons de liège,

Les pendre à un croc de boucher sera mon privilège.

 

_Prince FELON

Votre impériale majesté, ces manants sont affamés,

J’ai bien ouï que la crise les empêche de manger,

Les impôts et les prébendes sont très peu appréciés

Les nouvelles mesures, elles, sont vilipendées.

 

_NIKOS

Que me dites vous là, Prince Félon, le peuple jeûne,

Mais nous ne sommes pas à la carême, si moi je déjeune,

Mandez la venue de Mme Murene, elle est bien jeune,

Aura t’ elle assez de neurones pour faire cesser ce jeûne.

 

 

 

A LA COUR DU ROI NICOLAS (1)

9 avril 2009

 

_NIKOS

Alors prince Félon, vous m’ avez mandé audience,

Sur ma chaise percée, je vous reçois vu l’urgence,

Parlez mon bon Félon, sans craintes ni détours,

Ma majesté est là, et tout ouïe à votre discours.

 

_FELON

Votre majesté, le peuple gronde, le peuple a faim,

Cheminant en mon carrosse, tout le long du chemin,

J’ eus à ouïr d’ affreux propos, sur vous et le dauphin,

Vos augustes personnes, sont huées par ces faquins.

 

_NIKOS

Que me narrez vous là, Félon des cris, des tumultes,

Ces manants souilleraient ma personne, m’ insultent,

Allez quérir Mme Alma, je veux vite qu’ elle agisse,

Et que nos services, pour ma grandeur sévissent.

 

 

 

 

 

 

L’amour de la mer

9 avril 2009

Les vagues dansaient la folle farandole,

La mer se creusait sous le souffle d’ Eole,

L’ écume soulevée voletait sur les flots,

La lune se cachait pour taire ses sanglots.

 

Les plus apeurés sur les navires priaient,

Les marins les plus aguerris eux en riaient,

Dans la mature mouvante ces hommes solides,

Ramenaient la voile de très haut dans le vide.

 

Risquant de chuter sous la force du roulis,

Comme tant d’autres marins avant eux ont péris,

L’ amour de l’ océan cette passion magnifique,

Est à l’ amour humain d’une ardeur identique.

 

La lune le savait qui vit tant de vies perdues,

Dans ces nuits de colère et d’ hommes éperdus,

Depuis la nuit des temps de l’ histoire antique,

Des navires périrent en ces instants tragiques.

 

Eclairant par son halo de froide lumière,

Le noir océan ou gisent de pauvres hères,

En témoignent ici ces fragments de gréements,

Noyant ensemble les hommes et leurs tourments.

 

QUAND JE SERAI MORT

7 avril 2009

Quand je serai mort, je serai moins marrant,

Pour rire encore, on attendra l’ enterrement,

D’ abord mon corps, à soulever très lentement,

Sans marquer l’ effort, ce qui serait inconvenant.

 

D’ un si beau cercueil, on évitera les poignées,

Fragiles comme des feuilles, avant de s’ envoler,

Que dirait t’ on d’ un deuil, si le cercueil tombait,

Éviterait t’ on l’ écueil, de quelques quolibets.

 

Rire dans un cimetière, n’ est pas très catholique,

Mais de mon vivant sur terre, j’ étais un agnostique,

Fuyant tous monastères, loin d’ une vie biblique,

Plus près de Maître Kanter, que de l’ ésotérique.

 

La fosse sera correcte, même si je ne l’ai pas creusé,

Pour être plus directe, je pourrai la refuser,

Ma grève serait sélecte, sans doute télévisée,

Je veux que l’ on respecte,  ce bon ordre imposé.

 

Vérifiez les cordages, et les porteurs employés,

Surtout qu’ il soient en âge, et toujours éveillés,

Scruter leurs visages, empreints de solennité,

Un homme en rage, pourrait me faire chuter.

 

Imaginez au fond de la fosse, mon cercueil éventré,

C’est pas pour mes vieux os, qui n’ ont plus à trembler,

Mais plutôt pour les gosses, qui vont bien rigoler,

Avouez que ça ferait pas classe, de me voir m’étaler.

 

 

 

 

 

 

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